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Entretien avec Sébastien Comtois

Pour commémorer l'anniversaire du compositeur né le 22 mai 1813, le jeune artiste wagnérien, Sébastien Comtois, qui fut également notre boursier lauréat de la Fondation Richard Wagner de Bayreuth, a accepté notre invitation pour un entretien sur son parcours passionnant.


Nous vous invitons à le trouver ci-dessous en entier.


1) Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de comment vous êtes devenu intéressé par le chant ?


Avant l’adolescence, je ne m’intéressais que très peu à la musique. J’étais plutôt dévoué au théâtre. Mon éveil musical s’effectua à l’âge de quatorze ans. À l’époque, je n’écoutais que de la musique rock et métal. Peu de temps par la suite, j’ai voulu m’impliquer dans le monde musical mais, n’ayant aucune expérience avec un instrument, je pris la décision de devenir chanteur car j’avais une aisance naturelle sur scène.

Pendant deux années, je fus chanteur pour plusieurs groupes rock. C’est à la suite d’une compétition qu’un juge me conseilla de prendre des cours de chant afin de peaufiner ma technique vocale.


On me conseilla de prendre des cours de chant classique pour mieux maîtriser ma voix. Ce fut l’une des meilleures décisions de ma vie puisque ces premières leçons me donnèrent la piqûre pour l’opéra. C’est aussi durant cette période que j’assistai à mon premier opéra : Die Walküre de Richard Wagner. C’est à cet instant que je su que j’allais devenir chanteur d’opéra.


2) Comment avez-vous entendu parler de la bourse de la fondation Richard Wagner et qu'est-ce qui vous a motivé à postuler ?


Suite à la pandémie, ma professeure de chant m’a recommandé de me concentrer sur le répertoire de ténor dramatique et plus particulièrement sur la musique de Richard Wagner.


C’est ma femme qui a effectué les recherches pour trouver des opportunités compatibles avec mon nouveau répertoire. J’ai donc appliqué pour la classe de maître avec la soprano Catherine Foster et aussi pour la bourse de la fondation Richard Wagner. Quelle ne fut pas ma joie d’apprendre que j’avais été choisi pour les deux projets!


3) Comment s'est déroulé le processus de candidature et comment vous êtes-vous préparé pour cela ?


Le processus de candidature était clair, simple et facile à compléter. Afin d’être choisi pour participer au concert des boursiers à Bayreuth, il fallait soumettre des vidéos de trois pièces musicales (aucune pièce de Wagner n’était permise pour les chanteurs).


4) Pouvez-vous décrire votre expérience de la compétition et ce que cela a été de gagner ?


Il me fit grand plaisir d’apprendre que j’allais non seulement avoir la chance d’entendre les oeuvres de Wagner dans le théâtre qu’il a lui-même conceptualisé, mais qu’en plus, j’allais chanter l’air de Max dans Der Freischütz devant tous les récipiendaires de la bourse.


Ce fut une expérience incroyable que de chanter devant tous mes collègues d’autant plus que le niveau était très élevé. Il y avait non seulement des chanteurs, mais aussi des pianistes, des flûtistes et des violonistes. Par la suite, nous avons eu le droit à un repas succulent offert par la fondation.


5) Comment pensez-vous que cette bourse affectera votre carrière en tant que chanteur ?


Il est difficile pour un chanteur de mon âge de convaincre les gens dans le domaine que le répertoire wagnérien est le plus adapté pour mon type de voix. Je pense que la bourse m’offre une porte d’entrée claire dans le monde de la musique dramatique.


De plus, après avoir entendu les opéras de Wagner dans le Festspielhaus, je suis revenu au Canada avec une détermination encore plus grande d’être sur cette scène dans un futur proche.


6) Quelles sont certains de vos opéras ou pièces wagnériennes préférées et qu'est-ce que vous admirez dans la musique de Wagner ?


Expliquer rationnellement les effets que me procure la musique de Wagner est une tâche ardue. C’est une expérience que je qualifierais de spirituelle. On y retrouve d’un côté: la grandeur, l’héroïsme, le surnaturel et le divin. De l’autre, on y constate une humanité indéniable et une grande émotivité. Richard Wagner m’affecte d’une manière que les autres compositeurs ne parviennent pas à égaler.


Je chéris particulièrement Die Walküre et Siegfried qui ont étés mes premiers coups de coeur. Cependant, le répertoire wagnérien est si riche que je découvre toujours, avec émerveillement, de nouvelles dimensions à ces chefs-d’oeuvre.


7) Comment abordez-vous la préparation d'un rôle dans un opéra et quels sont les défis auxquels vous avez été confronté ?


Afin de me familiariser avec l’oeuvre, j’écoute toujours, quelques mois à l’avance, l’opéra dans son entièreté. Ainsi, lorsque vient le temps d’apprendre la musique, le tout me semble déjà très familier. Si l’opéra est extrait d’une oeuvre littéraire, je lis celle-ci afin de connaître le contexte. Ensuite, je regarde le texte et je traduis celui-ci si des mots me sont étrangers. Pour terminer la préparation, j’assemble le texte et la musique.


L’aspect le plus exigeant est la mémorisation par coeur de longues oeuvres opératiques.


8) Quels conseils donneriez-vous aux autres jeunes chanteurs qui aspirent à remporter des bourses ou des compétitions prestigieuses ?


Le conseil qui a fait la plus grande différence dans ma jeune carrière est de trouver le répertoire qui nous met le plus en valeur et de viser les compétitions et les bourses qui se concentrent sur ce répertoire.


9) Avez-vous des performances ou projets à venir qui vous enthousiasment particulièrement ?


L’été 2023 s’annonce très chargé. Je serai en Norvège au début du mois de juillet pour participer au Kirsten Flagstad Masterclass. J’aurai la chance de travailler mes airs wagnériens avec la soprano Turid Karlsen et d’être logé dans l’ancienne maison de la légendaire soprano wagnérienne Kirsten Flagstad.

En 2024, je chanterai pour la première fois la partie de ténor solo dans la 9ème symphonie de Beethoven.


10) Enfin, quels sont vos objectifs à long terme en tant que chanteur et comment vous voyez-vous grandir et évoluer en tant qu'artiste dans les années à venir ?


En tant que jeune Heldentenor, j’ai pour objectif de chanter tous les grand rôles de ténor du répertoire wagnérien et plus particulièrement Tristan et Siegfried. Ces rôles demandent une technique vocale impeccable et une excellente maîtrise de l’allemand.


Les prochaines années seront consacrées au perfectionnement de ma technique vocale et de mon apprentissage de l’allemand. De plus, une grande partie de mon temps sera dédié à la préparation, avec mes mentors, pour ma participation aux grandes compétitions.




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